Épisode 1/ Damascena story

LA ROSE VOYAGE-T-ELLE DANS LE TEMPS ?
À l’origine, il y a une rose.
La Rose Damascena. Dans la haute antiquité, elle était considérée, déjà, comme la reine des fleurs. On dit même que c’est la plus ancienne de l’humanité. Un arbrisseau en forme de buisson, de moins d’un mètre de hauteur, drageonnant facilement. Deux variétés, la Damas d’été, une courte floraison, et la Damas d’automne, une floraison remontante. Elle a un aspect sauvage, mais elle est délicate. Fleurs doubles, rose argenté. Enivrante.

À l’origine, il y a une fascination.

Le premier, c’est le médecin philosophe médiéval persan, Avicenne, qui met au point, au XIème siècle, la première huile essentielle de rose. Petit à petit l’empire perse s’étend jusqu’à Damas, la culture de la Rose Damascena s’y répand et prospère. Au Moyen-Âge, lors des croisades, les chevaliers français passent par Damas en Syrie. Le chevalier Robert de Brie, envoûté par sa beauté et son parfum capiteux, aurait rapporté quelques spécimens à son retour dans la ville de Provins, en 1254. À cette époque, la rose entrait déjà dans la préparation d’onguents et de remèdes pour la peau.

À l’origine, il y a une force.

La Rose Damascena, résiste au froid et à la sécheresse. Elle est introduite au Maroc par des pèlerins de retour de la Mecque, au Xème siècle. Sa culture s’accroît notamment en Bulgarie, au 17e siècle, dans la région de Kazanlik, alors sous domination de l’Empire Ottoman. Le pays devient le premier producteur de rose de Damas. À la fin du 19e siècle, les plantes et techniques bulgares sont rapatriées en Anatolie dans les régions du Burdur et d’Isparta. Elle conquit la Turquie. Elle voyage, s’enrichit, s’affirme….

La fleur mythique se déploie et traverse les âges, et les frontières. Féminine, sauvage, romantique, séductrice, piquante, et hydratante… Elle est bel et bien, dans le monde des fleurs, une espèce de prodige. Une espèce très précieuse.

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