Épisode 3/ Une éclosion

POURQUOI ON SE LÈVE TÔT POUR LA ROSE ?
D’un geste tournant, Samia détache, de leurs bases, les têtes de fleurs. À la main. Le soleil se lève à peine sur la vallée du Dadès, et Samia sait qu’il faut se hâter : pour maintenir une concentration en arômes élevée, les roses doivent être cueillies très tôt le matin, dans les 24h suivant l’éclosion des boutons. Elles seront traitées rapidement pour ne pas endommager la délicate récolte.

Comme chaque année au printemps, c’est l’heure de la cueillette de cette fleur aux trente pétales, que la grand-mère de Samia, déjà, adulait. La Rose Damascena. Dans ce village de Kelaa M’Gouna, au coeur de l’Atlas marocain, la culture de la Rose de Damas est une tradition séculaire. Ici on élabore des produits à base de rose depuis quatre générations.

Les rosiers s’épanouissent à 1500 m d’altitude. La Rose Damascena est très résistante, elle brave aussi bien les gelées hivernales que les grandes chaleurs estivales.
Nous posons les roses, dans des containers, dans l’eau bouillante. C’est le procédé de distillation. L’huile remonte et surnage à la surface, nous explique Samia.

Le producteur peut obtenir deux ingrédients naturels : l’huile essentielle et l’hydrolat. Il faut cinq tonnes de pétales pour obtenir un seul kilo d’huile essentielle de rose. Soit 3 à 4 millions de fleurs. La rose Damascena est très convoitée, et une bonne partie de la production mondiale de roses se partage entre la Bulgarie, le Maroc et la Turquie. À chaque pays correspond une qualité et des notes olfactives propres, comme les différents terroirs pour le vin.

Le soleil chauffe sur la Vallée des roses. Il paraît que le climat sec de la région favorise le parfum de ces roses. Et Samia sait combien, pour toute une filière, son geste est précieux.

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